Comment dire à quelqu’un qu’il sent mauvais

Ne nous voilons pas la face : dans toutes les entreprises, dans toutes les organisations, tôt ou tard, ce problème se pose : un collaborateur sent mauvais… Et personne n’ose le lui dire !

La tension monte alors avec les odeurs, la crispation aussi, les relations se tendent. A vous de jouer. A vous d’être assertif. Si vous ne dites rien, si vous n’agissez pas, vous faites preuve d’un comportement passif et vous subissez.

Vous savez ce que l’on fête le 6 décembre ? La Saint-Nicolas. Que je sache, ça n’a lieu qu’une fois par an. Vous n’avez PAS à être Saint-Nicolas pour tout le monde tout le temps !

Beaucoup me rétorqueront qu’il s’agit d’une attaque personnelle, que le message est blessant. Tout dépend, comme toujours, de votre intention et des mots choisis, de votre attitude aussi. Si vous lui balancez un « tu pues l’poney » sans ménagement, le visage tordu par une grimace de dégoût, effectivement l’autre sera groggy.

Il y a heureusement d’autres moyens.

La première erreur la plus fréquente : tourner autour du pot

Ayant très souvent donné ce thème en formation, j’ai identifié 3 erreurs classiques :

  1. Tourner autour du pot et minimiser
  2. Trouver des excuses
  3. Se camoufler derrière le groupe

Quand une infirmière va vous piquer la fesse, elle ne vous sort pas un chapelet de consignes précautionneuses en agitant la seringue sous votre nez. Elle dit « je pique » et elle pique.

Or, la plupart des personnes à qui je demande d’exprimer ce message – en jeu de rôles en plus, sans conséquence donc, sans autre enjeu que l’apprentissage !- mettent au moins 35 secondes avant d’en arriver au fait.

« Ce n’est pas facile à dire », « je ne veux pas te blesser », « je voudrais te dire un p’tit truc », et j’en passe. Maud, que j’ai coachée récemment, a mis elle 4 minutes … pour ne rien dire ! Son mandat était différent : elle devait expliquer à une collaboratrice que ses tenues vestimentaires n’étaient pas adaptées pour prospecter la clientèle. Quatre minutes et rien ! Peur de blesser, peur de faire mal.

Souvenez-vous de ma vieille rengaine : « on crée ce que l’on craint ». Plus je crains de blesser, plus mes atermoiements risquent bien de blesser.

Sans compter Laurence qui, lors d’un recrutement, fut incapable de dire à sa nouvelle collaboratrice qu’elle devait s’habiller autrement. Résultat : elle lui inventa qu’il y avait un uniforme ! Résultat : elle fit faire un uniforme pour elle et pour elle seulement ! Résultat : un jour, la collaboratrice lui dit : « c’est bizarre, il n’y a personne d’autre qui porte l’uniforme. » « On n’a plus de budget » prétexta Laurence !

Tourner autour du pot n’est pas la solution. Bien au contraire. Tôt ou tard, la lame touche la peau. Si vous mettez des couches de tissu pour amortir le choc, l’autre a simplement plus de temps pour la voir arriver. Et c’est insupportable. Vous voulez préserver. Préserver qui ? L’autre ou vous-même ? Poser la question, c’est y répondre.

Il y en a même qui ouvrent la fenêtre ! Pour « faire comprendre… » Faire comprendre, ce n’est pas dire. Et puis, l’autre peut se dire que vous avez chaud, voire qu’une odeur vous incommode mais pas forcément la sienne ! Ne faites pas comprendre, DITES.

Et ne minimisez pas en disant que vous avez un « p’tit truc » à lui dire, qu’il y a « peut-être » des odeurs, « rien de grave ». Si c’est petit peut-être pas grave, pourquoi en faire un tel pataquès ? Pourquoi contourner ainsi l’obstacle ? Pourquoi vous contorsionner aussi ? Car j’observe souvent alors les corps qui ne tiennent plus en place, les jambes qui se croisent, les doigts qui se triturent, les yeux qui vont dans tous les sens mais évitent le regard de l’autre, etc.

La deuxième erreur la plus fréquente : trouver des excuses

Il est curieux aussi de constater que le plus souvent, si l’autre sent mauvais, c’est parce qu’il a un problème médical !

C’est évident qu’il a une parfaite hygiène de vie voyons. L’odeur va croissant de jour en jour et les vêtements sont les mêmes toujours mais c’est un problème médical bien sûr. Quoi d’autre. Pas de sa faute donc. Pauvre petit pas gâté par la nature mais qui gâte bel et bien notre atmosphère.

Je ne nie pas que de tels problèmes existent. Je dis que c’est marginal. Et ce n’est pas votre job de trouver d’où ça vient. Votre job est de dire ce qui doit être dit, de la manière dont ça doit être dit, pour que l’objectif soit atteint : plus d’odeurs désagréables.

La troisième erreur la plus fréquente : se camoufler derrière le groupe

Etre assertif, c’est exprimer des messages en « je », parler en son nom propre.

« Je ne voudrais pas que les autres prennent leurs distances avec toi ». Manipulateurs que vous êtes quand vous proférez de tels propos ! ASSumez comme dans ASSertivité. Ce sont les mêmes 3 premières lettres. C’est ça avoir du courage.

Les autres on s’en fout. Les autres c’est pas votre problème. Les autres n’ont qu’à se mouiller, à démerder.

Cas particulier : quand les autres sont les clients. Vous pouvez alors dire que les conséquences sont néfastes pour le maintien des bonnes relations avec les clients.

Calme intérieur

Si vraiment vous paniquez, que votre cœur s’emballe, recouvrez le calme intérieur grâce à la respiration diaphragmatique.

A ce sujet, je vous invite à lire un article écrit sur le blog acteur de votre vie : http://acteurdevotrevie.be/le-2e-secret-de-la-roue-du-succes/ 

Vous y comprendrez comment respirer par le ventre et ainsi vous détendre.

Pour être plus sûr de vous encore, pratiquez la visualisation. Voyez-vous en train de réussir avant de réussir.

Et comme j’ai déjà abordé cette thématique, je vous renvoie à un autre article de ce blog-ci : http://leader-inspirationnel.be/comment-avoir-du-courage/

Le DESC

Vous êtes prêt désormais. Presque. Il vous manque encore une structure pour développer votre message, mais sans JAMAIS perdre de vue votre objectif. Je le répète : le message n’est qu’un moyen pour atteindre votre objectif : PLUS D’ODEUR !

Une technique efficace ici, c’est le DESC. Ce bon vieux DESC qui fait le bonheur des formateurs en communication. Celui qui n’en parlerait pas serait comme Patrick Bruel oubliant de chanter « Place des grands hommes » lors d’un concert. C’est un incontournable.

D : décrivez les faits

« Gilbert, j’ai remarqué, quand je travaille avec toi, que tes odeurs corporelles sont fortes. »

E : exprimez votre sentiment

« Cela me dérange. »

S : solution à demander, à proposer ou à élaborer ensemble

« Peux-tu trouver une solution pour y remédier, stp ? »

C : conclusion émotionnellement positive

« Merci de ta réaction positive. »

Optionnel : « C’était un message délicat à formuler et je suis content(e) que tu le prennes de façon aussi constructive ».

« Passe-moi l’sel »

Vous l’avez compris, les mots sont suffisamment forts. N’ajoutez pas du « tragique au tragique ». Plus le message vous semble difficile à dire, plus vous avez intérêt à le dire comme « passe-moi l’sel, stp ».

Si votre attitude est celle d’un ver qui se tortille tant il est ennuyé, c’est ça que vous allez communiquer. L’attitude est contagieuse. Faites SIMPLE. Le corps délié, les pieds bien ancrés dans le sol, la tête droite. Economie de gestes. Simple.

Respecter tout le monde

Quoi qu’il en soit, dites ce que vous avez à dire. Si votre intention est juste, si vous êtes respectueux, bienveillant, le message sera bien compris. Le plus souvent. Après tout, la réaction de l’autre n’est pas sous notre contrôle.

Avoir du respect pour soi, c’est être assertif plutôt que de se boucher le nez ou d’ouvrir portes et fenêtres, ou encore de vous plaindre et de gémir auprès de vos collègues … sauf la personne concernée ! Ce n’est pas beau. Ce n’est pas digne. Ce n’est pas courageux. Cela ne vous grandit pas.

Avoir du respect pour l’autre, c’est lui dire, avec les mots justes, la voix juste et le comportement juste, ce que vous avez sur le cœur. N’attendez pas. Plus vous attendez, plus vous êtes passif, plus la frustration croît, plus il vous sera difficile de contenir vos émotions et d’être JUSTE.

Or vous le savez : un leader est ferme, doux, juste et efficace.

Bon Vol avec les Aigles les Amis, et à très vite.

Fabian

3 actions pour aller plus loin :

  1. Souvenez-vous d’une situation au cours de laquelle vous auriez dû dire ce message à un collègue ou à un proche. Qu’avez-vous dit et fait ? Avec quel(s) résultat(s) ?
  2. Imaginez la même situation et visualisez-vous utilisant les techniques vues dans cet article : que diriez-vous ? Comment ? Comment vous sentiriez-vous après ?
  3. La prochaine fois que l’occasion se présente de devoir dire un message délicat, préparez votre DESC par écrit. C’est fou comme l’écrit clarifie la pensée ! Quand vous êtes satisfait de la mouture finale, allez-y. Soyez courageux. Volez avec les Aigles !

 

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